DU 7 SEPTEMBRE AU 21 DÉCEMBRE

DU 7 SEPTEMBRE AU 21 DÉCEMBRE
Photo: Francine Lavallée, septembre 2008, au Monastère de Tiksé, Ladakh.

mercredi 15 septembre 2010

9 - Du fanatisme musulman et de celui des americains...

Si Pauline avait l'âme à la tendresse, ce matin je l'ai plutôt à la tristesse.  J'ai  eu beau aller faire quelques koras autour du monastère bouddhiste de Leh en récitant des mantras, je n'arrive pas à me défaire de cette désolation qui m'envahit depuis quelques heures. 

Quelques jours avant de quitter "l'Amérique" (ben oui, figurez vous qu'on habite l'Amérique... du Nord et qu'on a droit de se réclamer d'êtres des "américains", même s'ils se sont appropriés de cette "nationalité continentale"), je savais que quelque chose d'états-uniens plutôt pisse-vinaigre, allait faire cracher de la haine aux musulmans du monde entier, mais au Ladakh...

Ce matin, alors que je me rendais dans mon petit restaurant préféré pour une crêpe aux bananes et un petit thé au lait, j'étais plutôt étonné que le jeune serveur me demande de m'ôter de la fenêtre et de m'asseoir hors de vue, dans le fond.  J'acceptai, comprenant qu'il y aurait un événement musulman dans la rue, juste en face.   "I think someone died...  I don't know" me dit le serveur.  Peu de temps après avoir reçu et commencé à manger mon petit-déj, des bruits se propagèrent depuis la rue, juste en bas.  On aurait dit des slogans scandés par une foule.  Sans doute criaient-ils leur perte.  Ils sont parfois un brin exubérants ces "muslims".   Comme les bruits approchaient et que la foule semblait réellement emprunter Main Bazar sur laquelle mon restau se trouve, j'enfilai le reste de mon thé et descendai vers la rue pour voir.

Vous vous souvenez de ce fou de prédicateur américain qui a invité ses fidèles à brûler un Coran?

Ils étaient des centaines dans la rue.  Des Musulmans, quelques ladakhis parmi eux, scandaient des slogans comme "America Shame Shame"  (Amérique Honte! Honte!).  Devant eux, des Imams à la barbe blanche, des Imams à la barbe noire, des visages aux traits cachemiris.  Ils portaient une bannière sur laquelle on pouvait lire:  We denounce the assult on the Holy Qoran by America  (ici, je n'ai pas changé une seule lettre de l'orthographe) .   Sur des pancartes on lisait:  America Enemy of Peace .   J'avais la mort dans l'âme.   De la guerre, encore de la guerre rien que de la guerre!  Guerre de pensés, de gestes, guerre de mots et de bêtise humaine.  Tout ça parce qu'un prédicateur à la con a posé un geste que les autorités états-uniennes n'ont pas cru bon d'empêcher.  Apres ça, les idiots, ils demanderont de vive voix aux Nations-Unies de débarquer en Iran?

Je suis triste.  Encore plus triste parce qu'en me promenant dans Leh, j'ai constaté que tout, TOUT est FERMÉ !  "Par solidarité", m'a dit une ladakhie !!!  "Because we're together".  Vous perdez l'argent de touristes non-américains, pendant des heures, "because of a stupid, isolated, american priest!" lui ai-je répliqué avec un sourire fait de compassion et d'indignation. C'est à ce moment là que je me suis mis en route vers le cybercafé "fermé" le plus proche, pour vous rapporter l'événement.  J'aurais aimé joindre une photo de cette manif avec ma lettre, mais comme les communications se font par satellite, on ne peut charger ou décharger quelque fichier sur internet.  Je vous les enverrai plus tard, depuis Dharamsalla, si ça m'est possible.

Pour terminer, si vous voyez une pétition sur le net qui demande la réclusion de cet "american preacher", pppplleeeeaaaasse   signez-la de mon nom et en mon nom.  Je vous en serai plus que reconnaissant!

Autre propos,

Demain, à  4:30 am hre de Montréal, je prendrai bel et bien la route tortueuse et falaiseuse qui mène à mon petit village himalayen.  J'y serai pour une bonne grosse semaine, peut-être un peu plus, selon le travail à faire sur la fin des récoltes et du "treshing".  Je serai donc "hors toile" pour un temps.

En attendant, que la vie vous soit généreuse en douceurs de toutes sortes.

Affectionneusement,
Thundup Raymond

mardi 14 septembre 2010

8 - Aucune punition divine là-dedans!

Je n'ai jamais compté les ladakhis en arpentant les rues de Leh, ni même cru bon, un jour, de savoir combien ils sont à habiter la capitale de l'ancien royaume, mais je peux vous assurer qu'hier j'en ai certainement vu des centaines...  peut-être des milliers.

Je n'étais pas seul à prendre le chemin de Lamdon School où pendant des années, mon jeune ami Thinles Paljor a pu faire des études secondaires de qualité.  J'avais l'habitude de m'y rendre pour aller déposer de quoi payer ses frais annuels et lui apporter des gouttes pour soigner ses yeux très affectés par la sécheresse.  Cette fois-ci, je n'y allais plus pour les mêmes raisons académiques, mais pour un autre apprentissage, celui des enseignements du Dalaï-Lama sur la situation dramatique vécue il y a un mois, ici, à Leh et ses environs.

J'ai pu m'asseoir à quelques dizaines de mètres de l'estrade où celui qu'on appelle ici Lama Rinpoché, viendrait plus tard porter son enseignement et ses encouragements au peuple affligé.  Assis parmi les ladakhis plutôt que dans une enclave privilégiant les étrangers (alors que des centaines de locaux se retrouvaient loin derrière la foule), je goûtai encore une fois à ce plaisir de côtoyer simplement ceux que je considère comme des proches.  L'attente fut longue, plus de trois heures.  Moi qui n'avait pas pensé apporter de quoi manger ou boire, je me laissai bouffer par le soleil pendent un certain temps, jusqu'à ce que deux de mes voisins m'offrent des fruits et un bout de pain.  Kundun, comme on l'appelle aussi, fit bientôt son entrée.

Le grand bouddha de la compassion, son sourire habituel accroché au visage, son humble salut de la main, fit ensuite quelques signes aux organisateurs ladakhis qui l'escortaient.  Ce trône préparé pour lui, était trop haut, trop éloigné des gens.  On lui installa rapidement un siège et une petite table, plus bas, plus en avant, ce qui obligea un jeune moine à tenir une ombrelle devant lui, le temps que le soleil passe au travers d'une longue éclaircie.  Kundun commença à dicter des chants aux moines et la foule suivit.  Cela dura une bonne vingtaine de minutes.  Plus tard, il leur suggéra de chanter les mantras de Samanthabadra dont on dit qu'ils apaisent les émotions.  L'émotion était effectivement palpable dans le silence qu'offrait le peuple de ce haut désert de pierres. Au même moment , les verres furent distribués et, au son des chants tibétains, nous reçûmes du thé au beurre.  Moment d'apaisement pour moi comme pour tous ceux qui avaient attendu au soleil depuis de longues heures.

D'une voix posée et rassurante, il leur a parlé un bon moment. Il leur a livré ses mots dans sa langue maternelle, on le traduisait en ladakhi et quand le traducteur faisait une erreur, il corrigeait aussitôt.  C'est un français que j'ai rencontré, plus tard dans la soirée, qui m'a redonné la traduction faite par son voisin ladakhi.  Sinon j'ai bien compris deux mots, deux mots qui donnent l'essentiel de son discours: global wharming.  Il a énuméré toutes les causes de ce grand chavirement planétaire: la pollution par les émissions de gaz à effets de serre entre autres.  Il a dit: "certain pensaient que c'était une punition de Dieu...", mais il a rassuré la foule présente en rajoutant: "Vous n'êtes pas responsables de ce global wharming !"  (Il ne peut donc pas y avoir de punition!) "De plus, le Bouddhisme nous enseigne que nous sommes responsables de nos actes et que pour chaque effet donné, il y a une cause".  C'est ici qu'il leur a suggérée de réciter les mantras de Samanthabadra.

Voilà l'essentiel de ce qui a été livré au ladakhis par le grand Lama Rinpoché.

Il y a eu des chants pour clore la rencontre, puis His Holines s'est levé et a salué ses amis ladakhis avant de sortir par l'arrière de l'estrade et d'être rapidement emporté dans un nuage de poussière, par le véhicule qui l'avait conduit jusqu'à nous.  Il y avait une flottement dans l'air.  Tout le monde semblait remplit de quelque chose dont on ne saurait que trop mal nommer l'essence.

Mais comme toute les bêtes, l'homme en grand troupeau se comporte de manière effarée.  Nous avons dévalé Changspa, puis Leh, à une allure qui ressemble plus à celle de vaches qui sortent d'une étable en feu, qu'à celle d'homme (de femme et d'enfants) pourtant civilisés.  Le flottement était sans doute dans nos cœur, mais c'est plutôt de la poussière que l'on voyait flotter ici!

Je suis quand-même rentré content, mais encore très fatigué.  Le soleil de plomb et l'adaptation à l'altitude à peine commencée en sont certainement les causes.  Un bon curry et un bol de riz accompagnés d'eau chaude au citron gingembre et miel (c'est une boisson gagnante pour mon petit corps!) et hop!  Au lit, des huit heure et demi!  J'ai dormi dix heures.  Aujourd'hui ça va beaucoup mieux.


Je suis allé voir une partie de Leh détruite par les inondations:  j'avais du mal à contenir des larmes.  J'ai fais un don de cents dollars auprès de la Banque de Jammu et Kashemire en notre nom à tous.  Puis, après avoir été déposer tous les dons collectés pour mon grand Thinles Paljor, je suis parti passer l'après-midi sur la montagne du Shanti Stupa, un monument bouddhiste dédié à la paix, question de méditer un peu sur cette précieuse vie humaine qui m'a été donnée, question de contempler un long moment cette bonne fortune qui m'est encore offerte de me retrouver sur internet depuis ce sol sacré ou je me sens tellement bien.

Ah oui!  J'oubliais de vous dire:  Je pourrai aller au Népal, car ca n'est pas un territoire restreint pour les sorties temporaires du territoire Indien.  J'y serai donc du 23 novembre au 18 décembre!  La restriction de sortie s'applique plutôt aux allers-retours vers les pays étrangers.  Le Népal étant le petit frère de l'Inde.  C'est du moins ce que m'a dit l'agent d'immigration en arrivant sur la terre sacrée.

Voilà!
La route continue et si tout va bien, comme prévu je partirai par monts et par vaux vers Hemis Shukpachan, le 16 septembre prochain.

Restez prêts pour la suite!

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx  et plus...

Thundup Raymond

dimanche 12 septembre 2010

7. Les Géants se lèvent avec le soleil

L'avion a quitté le sol, il était 6:10 ce matin, 12 septembre.  Il a fallu traverser la pluie et les grands sac d'ouates grises qui la larguaient sur la carlingue du 737.  C'est la première fois que je monte vers l'Himalaya en passant au travers de tant de nuages.  C'était presque inquiétant, surtout lorsqu'on sait que le ciel de Delhi est souvent parsemé d'oiseaux de fer.  Des centaines de kilomètres de nuages qui semblaient de plus en plus se conformer aux contours de la barrière rocheuse.  Rien!  Même pas la tête du Qomolangma, ce géant qu'on a rebaptisé Everest pour nos besoins linguistiques d'occidentaux.  Puis le pilote a amorcé la descente de son Boeing, lentement, progressivement.  Comme pour éviter de sortir les Géants de pierre de leur sommeil subcontinental.  Soudain on a aperçu une tête, puis deux...   le soleil pointait et palettait leurs blancs bonnets. Ici, contrairement au géant de la Baie de Fundy dont parlait Stan Rogers dans Giant, une de ses belles ballades, les Géants ne se lèvent pas avec la Lune.  Ces grands seigneurs de pierre se montrent en même temps que le soleil.

Toujours est-il que nous les avons très vite perdu de vue.  Le paysage atmosphérique formant une épaisse couverture entre eux et nous.  Le 737 s'est mis à descendre dans une longue et compacte spirale.  Faisant monter en moi l'inquiétude des possibles heurts.  Comme si le pilote cherchait un trou dans l'épais tissus, pour mieux jauger le sol, pour mieux voir où il fallait descendre et poser ses pieds roulants.  Un thriller de voyageur, je vous l'assure!  On a beau savoir que l'expérience de ces maîtres est sertie de longues heures de vol; que les instrument sont bien huilés, biens programmées; que la tour doit sûrement envoyer un signal routier au radar du véhicule volant; on a quand-même un peu "la chienne".

Puis on a aperçu une éclaircie, le temps de donner l'impression que la mesure devenait prenable.  Mais nous nous sommes retrouvés plongés dans l'épaisse brume et avons commencé à entendre les roues se déployer.  We will be landing shortly. Please fasten your seat belt!  "J't'en fiche mes mignons" comme le disait si bien Jos Violon en nous racontant ses histoires de peurs, si l'engin s'inclinait juste un brin trop...  Hop! Nous étions garrochés comme des grenouilles sur les rochers!  Mais la performance était si juste, si épatante, que j'avais envie de faire comme les Québécois lorsqu'ils atterrissent à Acapulco...  clap, clap, clap et re-clap !  Quel génie du manche-à-balais!

Tout ça pour vous dire que j'arrivais chez-moi sain et sauf, heureux, comme toujours, d'embrasser de mes galoches le sol Ladakhi.  Fatigué, très fatigué, mais heureux.

Il faut quand-même que je vous raconte en quelques phrases, la suite des événements qui se sont additionnés depuis le 7 septembre, jour de mon départ. Voici donc:

Je suis reste bloqué à Vancouver pendant 11heures et demi. L'avion devant nous mener à Hong Kong laissait fuir de l'essence.  On nous en a donné un autre, dans ce délais plutôt long.  J'ai donc du courir après les services d'Air Canada, du genre j'sais-pas-trop, du Vancouver  International Airport, afin qu'on remplace tous mes vols.  J'y ai aussi appris que mon bagage était parti de Montréal sur des vols différents du mien.  Pour résultat:  j'ai perdu plus d'une moitié du temps que j'avais prévu passer à Singapour et mon sac est arrivé une heure et demi avant mon dernier vol Singapour-Delhi, le 10 septembre au soir.  Les bons cotés?  Singapour Airlines (pas Air Canada!) m'a donné $150 Singapourais  (soit environ $115 canadien) en guise de compensation, un sac de babioles pour combler mes besoins d'aisance (crème à raser, déodorant, t-shirt, brosse à cheveux, brosse et pâte à dent, etc.);  J'ai quand même pu aller au fameux temple bouddhiste Thoot Relic Temple ;  J'ai pu manger ma crème glacée au thé vert matcha comme j'en rêvais et  j'ai eu droit à mon repas de homard pendant le dernier vol. Finalement, j'ai eu des vols magnifiques entre Vancouver et Delhi.  Les fameux sièges-couchettes m'ont permis de dormir plus de 7:30 et 3:00 !

À Delhi, Ca pue!  Les Jeux du Commonwealth ont beau s'en venir dans moins d'un mois, je me demande comment ils vont faire pour charmer le monde.  C'était plus sale que jamais.  Mais les indiens ont la capacité de se retourner rapidement, "so"...

Finalement, comme si les réfugiés Tibétains et les pauvres indiens de Majnu Ka Tilla n'avaient pas assez de misère, deux barrages brisés sur la Yamuna ont fait monter l'eau jusque sur les berges qu'ils squattaient et cultivaient depuis si longtemps, faisant tout disparaître de leurs possessions.  Seuls les bâtiments du village n'ont pas étés affectés pour l'instant!

Voila!  Je suis donc rendu dans mon cher Ladakh et demain, en grand fortuné que je suis, je verrai le Dalaï-Lama!

On s'en reparle!

On se reparle aussi de l'état du Ladakh à un mois des inondations dévastatrices.

Restez en contact !

Thundup Raymond

mercredi 8 septembre 2010

6. La route a ses nids de poules et ses panses de vaches

La première soirée de vol s'est bien passée, mais nous avons rencontré des cellules orageuses entre Montréal et Toronto.  Une merveilleuse flambée au milieu du ciel!

Arrivés à Vancouver (ça se voit aux accents sur les claviers), le vol vers Hong-Kong a été retardé à ce midi.  Pour résultât:  on nous a fourni des chambres d'hôtel dont j'ai surtout utilisé la douche; Toutes mes correspondances ont été changées dans beaucoup de confusion de part et d'autres.  Je devrais passer soit une nuit à Hong Kong (ce qui me ferait perdre mon booking au chic Sheraton Centre) soit arriver à Singapour plus tard que j'avais prévu au départ. Ça qui me ferait une demi journée de moins pour manger de la glace au thé vert.
 
Ahhhhhh  la vie!

Ah oui!  J'oubliais:  mon bagage a été envoyé à Singapour sur les mauvais vols et arriveront une journée avant moi!  

J'ai saprement hâte de voir les premières classes de la Singapore Airlines, parce qu'Air Canada "la fabuleuse", à la suggestion d'Aéroplan, a bien faillit me mettre sur un vol Vancouver-Toronto-Delhi. 
Voir le monde à l'envers, je veux bien mais...

En ce moment, je vous écris depuis le salon Exécutif d'Air Canada.  Bofffff.....     
Mais tout de même, il y a un agent qui, enfin, LUI, a pris ma destiné, ou plutôt ma "destination" en main et travaille fort à de me concocter un trajet de remplacement qui devrait se rapprocher de l'ancien, avec les homards et le saumons inclus ;-)

Voila!
Je suis bourré de fatigue, mais malgré tout ce charivari qui en ferait grogner plus d'un, je suis plutôt amusé et finalement, ma foi, tout ce que je souhaite c'est d'arriver a Delhi au jour prévu!

Pour la suite du voyage, j'essaierai de vous écrire des textes empreints d'une meilleure santé poétique, mais pour l'instant je voulais vous mettre au parfum des sentiers aériens.

Demeurez aux aguets ;-)

Thundup Raymond...    À vent couvert   (elle est pas de moi celle-là! ;-)

lundi 6 septembre 2010

5. Voilà! C'est parti!

C'est fou, je pourrais tellement bien dormir si je trouvais le sommeil!  Je suis déjà projeté sur l'autre face de la Terre, comme si le décalage prenait déjà place et faisait basculer mon rythme circadien de 12 heures en une seule pensée de me trouver bientôt là-bas.

Une longue journée m'attend!

Dans quelques heures j'entreprendrai une journée en apparence "habituelle", avec Sylvain.  Nous ferons route ensemble vers l'université où il travaille, nous arrêtant le temps d'un petit déjeuner pour re-sceller nos vœux, puis je l'accompagnerai au boulot, question d'étirer un peu plus nos derniers moments dans cet été de 2010.

J'ai de petites choses à faire à la maison en avant-midi, puis quelques heures de pause s'imposent avant le long parcours qui étirera ma journée vers la nuit orientale.

Voici mon programme pour ceux et celles qui en souhaitaient le détail:
7 septembre:
- départ vers l'aéroport vers 15:30
- vol Mtl-Toronto à 20:00 (arrivée: 21:15)
- vol Toronto-Vancouver à 22:30 (arrivée: 00:32 le 8 septembre)

8 septembre:
- vol Vancouver-Hong-Kong à 02:05  (arrivée: 06:10 le 9 septembre)

9 septembre:
- vol Hong-Kong - Singapour à 10:30 (arrivée: 14:10)

J'aurai une pause de 29 heures dans Singapour.  Un choix!  J'aime cette ville!  Je voulais y manger des glaces au thé vert et aller revisiter les quartiers Chinois et Indien.

-10 septembre
- vol Singapour-Delhi à 19:05 (arrivée:  22:10)

Je serai à Delhi pour m'installer dans Majnu Ka Tilla, le quartier Tibétain, vers les minuit (C'est loin de l'aéroport) jusqu'à minuit 30 le 12 au matin.

12 septembre: (Vol Final)
Delhi-Leh (Ladakh) 05:40  (arrivée: 06:55)

Air Canada me donne pour Mtl-Delhi, une durée totale de 64hres:40.

Combien d'heures de vol?  À vos calculatrices!

Voilà!
Je vous écrirai sans doute en cours de route.
Revenez visiter le blogue pour la suite des choses ;-)

Thundup Raymond

mercredi 1 septembre 2010

4. Le décompte commence!

Les changes sont faits, j'ai visité mes bagages pour une avant-dernière fois et il ne me reste plus qu'à regarder arriver le 7 septembre.  D'ici là?  Une petite pause dans les sapins de Knowlton pour mieux célébrer mes 52 chandelles en faisant quelques arrêts sur mon coussin de méditation.
Un départ, ça se prépare ;-)

De l'Allemagne au Québec en passant par la Bretagne, vous avez déjà commencé à me laisser des messages remplis de votre chaleureuse amitié.  Je me sens réellement accompagné!  Merci à vous!

Hier, j'ai reçu d'autres nouvelles de mon jeune ami Paljor.  Je sais maintenant que le petit "dépanneur" de son oncle qui se trouve à Leh, juste dans la zone où les inondations ont fait le plus rage, a "miraculeusement" été épargné.
Un roché situé derrière le frêle bâtiment a fait dévier les torrents de part et d'autre.

Je ne sais cependant pas encore dans quel état sera la guest-house de mes amis de Leh, ni si l'état des communications internet et téléphoniques a été ramené à l'état initial d'avant la tempête.

C'est à suivre...

À très bientôt!

Thundup  Raymond

jeudi 26 août 2010

3. Le Dalaï Lama sera à Leh peu après mon arrivée!

Bonjour à chacun(e),

Chaque jour me rapproche un peu plus du départ et comme dans le reste de nos vies, tout bouge tellement vite!

Ce matin, je recevais à nouveau un petit mot de mon jeune ami Paljor.  
Je voulais simplement partager avec vous:

JULLAY THUNDUP,
What are you doing? will you be able to come to Ladakh? I hope so and i also want to inform you that on 15ht September  HH the Dalaï-Lama is going to visit in Leh may to Condolence the flood victims of Ladakh. Last night i have a call from my father saying that every one is fine in Hemis and also says that now roads,bridge and mobile tower were repaired well.
OKAY jullay see you and take care.
paljor


Voilà!

Les chemins se dégagent ;-)

À bientôt!


Raymond Thundup

mercredi 11 août 2010

2. Des nouvelles arrivent enfin.





Voici que je viens tout juste de recevoir ce message touchant de mon jeune ami Thinles Paljor:

Jullay THUNDUP,
WE all are fine as well as my family members in Hemis don't be worry.
It is very unfortunate for the Ladakhi people especially in Leh area because everything were destructed by flood and many lives also,I have seen that in the newspaper. But everything is normal in HEMISSHUKPACHAN. It's been few days that i haven't contact with my family due to flood in Leh collectivity also get destroyed only AIRTEL network is working in Leh so i got news from Leh by my mother in law that there was no flood in Hemis and all are fine. 
I will tell you more if i get touch with my family,i hope after few days connectivity will regain. 
I hope everything will be okay when you reach there, anyway all the best.
May always god bless you for your kindness, thank you Rimond for your kind help.
Take care byee
your ladakhi son
paljor

Je vous invite tous à prendre le temps de dédier vos meilleurs moments de la journée et à envoyer vos bonnes pensées vers les peuples du Ladakh et du Pakistan (voisin par l'Ouest).  Une seule minute de silence produira une force puissante si vous la dédiez à ceux qui sont en deuil des leurs et de leurs biens les plus précieux (maison, récoltes, etc.)

Gardez le contact, l'aventure est DÉJÀ commencée.

De tout mon cœur,

À bientôt

Thundup Raymond

mardi 10 août 2010

1. Sur l'impermanence des choses




Bonjour, chers co-voyageurs,

Le départ s'effectuera dans moins d'une lune, mais des éléments changent déjà de visage. Les deux extrémités du voyage risquent de devoir être remodelées. Encore cette pure réalité de l'impermanence, intrinsèque aux choses et qui se manifeste de façon surprenante.

Ces derniers temps, j'apprenais que le visa indien ne permettait plus de sortir de l'Inde pour moins de deux mois. Cette nouvelle règle pourrait compromettre mon passage au Népal, prévu pour les trois avant-dernières semaines de mon séjour en sol indien. Je ne pourrais (en principe) revenir sur Delhi pour reprendre mon vol de retour, le 21 décembre, à moins qu'un agent d'immigration m'accorde une permission spéciale. C'est du moins ce qu'osent avancer les employés du bureau des visas pour l'ambassade de l'Inde.

J'entrevois la possibilité de rencontrer Manoj, mon bon ami népalais, en Himachal Pradesh plutôt que de lui rendre visite au Népal, solution possible à une « punition » qui m'attriste un brin. C'est malgré tout un moindre mal, j'en conviens! Je me rendrai peut-être quand même à Katmandou si l'on me donne la « permission spéciale », sinon j'essaierai d'y retourner lors d'un prochain séjour himalayen.

Mon karma semble se dérouler, j'ai bien dit me « dérouler », ou « aboutir » si vous préférez, et je sais qu'une déception n'arrive jamais les mains vides : elle tient dans sa main droite sa petite sœur la tourmente.

Je suis tourmenté, inquiet, bousculé... heu... pour dire vrai, bouleversé!

Hier matin, j'ouvrais un courriel de Drukchen Rinpoché, un grand lama tibétain, le chef de la lignée Drukpa Kagyu; il envoyait des nouvelles catastrophiques de sa région d'attache. Le Ladakh vient d'être fortement frappé par la terrible inondation qui battait aussi le sol Pakistanais dans la nuit du 5 au 6 d'août. Dire que ce Petit Tibet comme on l'appelle si justement, est connu pour ne recevoir qu'environ de 110 mm de précipitation par an. 
Que se passe-t-il?

Où en est notre planète?

CNN News rapporte que Leh, la capitale Ladakhie, a subi de graves destructions au passage de la tempête. L'hôpital, ainsi qu'une banque ont été en partie emportés et l'on a fermé l'aéroport qui en principe devrait me permettre d'atterrir au Ladakh... dans un mois. À proximité, par l'eau et la boue, le village de Choglamsar, où des centaines de Tibétains et de Ladakhis sont installés dans des maisons de fortune pour réfugiés, est encore plus affecté et j'ai cru comprendre que le village de Disket a été presque entièrement rayé de la carte. 


Les nouvelles nous proviennent au compte-gouttes. Je ne sais même pas si les miens ont été touchés, s'ils ont encore la possibilité de communiquer. Inquiet, j'ai écris à mon jeune ami Thinles Paljor, celui dont je supporte les études depuis 2004. Le trois d'août, il m'écrivait qu'il était de retour à Jammu avec son jeune frère et sa sœur cadette, pour vivre une nouvelle année scolaire tous ensemble, pour la première fois!
Il semblait tellement heureux.

C'était la veille de l'inondation.

J'attends avec impatience le retour de nouvelles. Jusqu'où les récoltes vont-elles avoir été touchées? Il y a des morts et des blessés, mais chez ceux que je connais, tous sont-ils sains et saufs? Vais-je pouvoir aller vers Leh et Hemis-Shukpachan? Mes amis du guest-house de Leh sont-ils toujours en état de me recevoir dans la petite chambre où ils affectionnent habituellement de me loger? La maison est-elle encore debout? Quelle sorte de Ladakh vais-je retrouver?

Toutes les questions imaginables volent dans ma tête, comme des vautours qui tournent autour de mon esprit pour lui ravir son repos.

Tout est en perpétuel changement ici-bas. Les choses d'ici sont toutes aussi impermanentes que les Êtres qui les possèdent. Ça, je le sais davantage avec mon mental. Je constate encore une fois que nous sommes tous ignorants de penser que les éléments s'effacent lentement comme de vieilles photos sépia deviennent de vulgaires papiers glacés, jaunis par le temps et le passage des doigts. Nous sommes tous un peu bêtes de continuer à croire que tout va avoir une fin et de tout déployer pour éviter d'imaginer que cette « fin » puisse se présenter de manière abrupte, cavalière.

Voilà encore un autre voyage qui approche. Une autre aventure « au pays du karma », comme m'avait un jour dit mon ami Gauvindia. Combien de surprises m'attendent sur la Transhimalayenne?

Je sais cependant, en humble petit innocent, que le chemin sur lequel je suis déjà engagé est bel et bien le mien et je le parcourrai en votre compagnie!

Une de nos co-voyageuses m'a envoyé le lien qui suit:  (Merci à Johane Seymour)
Vous y trouverez des nouvelles...  dévastantes:



Restez aux nouvelles!
Thundup (Raymond)